Histoire de me mettre dans le bain, j'ai décidé de me joindre à la très chouette Nadège et quelques autres de ses copains blogueurs, qui s'efforcent de publier chaque semaine un billet sur un thème commun. Cette semaine, il s'agissait de décrire un trajet que l'on effectue régulièrement. Et cet article était censé arriver dans ta vie dimanche aprèm. On va appeler ça le quart d'heure bigouden, d'ac ?

Je sors rarement de chez moi. Les mauvaises langues te diront que je n'en sors jamais, ce qui est évidemment ridicule. J'ai un stock de chocolat qui ne va pas se remplir tout seul. Il y a toutefois un trajet que je fais relativement fréquemment, et qui devrait faire l'affaire.
Mon premier geste, au saut du lit, c'est allumer l'ordinateur et me poser devant un moment. Généralement un bon moment. Genre, 12 heures un bon gros moment. Mais il arrive toujours un temps où je n'en peux plus de rester assise : il faut que je me dégourdisse les pattes, donc je vais faire mon petit jogging.



Au détour de mon bureau, je croise habituellement Batman. Je lui fais coucou; il est plutôt cool. (En revanche, Superman peut aller se faire voir; il ne répond jamais. Connard.)

Très vite, je rencontre un premier obstacle: une marche. Aujourd'hui, je la franchis sans trébucher. Il y a du progrès, on dirait. Tandis que je traverse le palier aux dimensions inutilement gigantesques, j'aperçois mon reflet dans le miroir de la coiffeuse 60s abandonnée là, dans un coin, attendant que je daigne bien lui donner un coup de peinture. Il est trois heures de l'après-midi, un jour de semaine, et je suis encore en pyjama. Eurgh, je connais quelqu’un qu’aurait besoin d’un rendez-vous chez le coiffeur.

Soudain, je fais halte. Une nouvelle volée de marches. Quatre. Cette fois, ça descend. Qu'est-ce que je fais ? Je bondis par-dessus ? J'y vais avec précautions ? Enhardie par mon succès avec la première, deux secondes plus tôt, je décide de faire le grand saut.

Mauvaise idée. Le mini-palier sur lequel j'atterris est trop mini : je m'écrase contre la porte du placard. J'ai eu chaud. Il aurait suffi que je dévie à peine sur la droite pour faire un sacré roulé-boulé dans les escaliers de l'entrée, ce qui aurait signifié la fin de notre aventure bloguesque. Retrouvant mon équilibre sans tarder, je prends un virage serré sur la gauche. Là, un choix se présente à moi : continuer tout droit et pousser la lourde porte coupe-feu menant aux toilettes (me demande pas pourquoi la porte), ou profiter de mon élan pour continuer vers la gauche? Ma vessie peut encore attendre, et il faut toujours écouter Beyoncé. Va pour la gauche.

Plus qu’une dernière marche à descendre, et j’arrive à destination. Je peux enfin ralentir et me mettre au boulot.

Eau fraîche ? Check.
Bouilloire en route ? Check.
Thé ? Check.
Mug préféré ? Check.


OK, c’est bon, t’as gagné. Tout ça, c’est rien que du crânage pour la photo. 90% du temps, je m’embête pas avec une théière, j’utilise simplement du thé en sachet. Même si le thé en vrac est bien entendu meilleur, pas que ça à foutre au quotidien. Enfin, si, techniquement, j’ai que ça à foutre, mais, soyons honnêtes, un vrai thé, c’est un peu chiant à faire. (Trois mouvements distincts de plus que pour jeter un sachet dans ta tasse. J’ai compté. Ma vie, c’est Treize à la douzaine.)
 
Désormais armée de mon pisse-mémé, je peux retourner à mon poste devant l’ordi (ou “derrière”? J’imagine que tout dépend où tu te trouves). Boïng, droite, droite, boïng, boïng, boïng, boïng, sprint, boïng, sprint, assis. Je suis de retour. J’ai du thé bouillant plein les mains et les manches, mais je suis prête à reprendre ma session de Facebookage intense. Enfin, jusqu’à ce que j’aie besoin de refaire le plein, ou que se profile l’inévitable aller-retour jusqu’au pipi-room. Sprint, boïng, sprint, boïng, boïng, boïng, boïng, gauche, tout droit, assis. Et c’est reparti pour un tour.


Et toi, tu fais aussi partie de ces arriérés qui utilisent encore Facebook ?